Apparu en septembre 2019, le ransomware MedusaLocker cible principalement le secteur de la santé tout en frappant d'autres industries. Fonctionnant selon un modèle RaaS (Ransomware-as-a-Service), cette menace persistante a évolué vers une version 3 sophistiquée, également connue sous le nom de BabyLockerKZ.
Une architecture modulaire pilotée par JSON
L'analyse technique de StreamScan révèle que MedusaLocker utilise une configuration JSON cryptée avec Chacha20, orchestrant l'ensemble de son comportement malveillant. Cette configuration définit les chemins à épargner, les extensions à ignorer, les processus à terminer, et même le contenu de la note de rançon. L'approche modulaire permet aux attaquants de personnaliser chaque déploiement sans modifier le code source.
Un détail troublant: TRUMP et PUTLER
L'aspect le plus intrigant de cette variante réside dans ses clés de chiffrement. Pour déchiffrer la configuration JSON, MedusaLocker utilise deux clés particulières: "TRUMPTRUMPTRUMPTRUMPTRUMPTRUMPTRUMP" et "PUTLERPUTLER".
Chiffrement hybride multicouche
Le processus de chiffrement combine plusieurs algorithmes. Les clés RSA générées sont stockées dans le registre Windows (HKEY_USERS\SOFTWARE\PAIDMEMES), la clé privée étant chiffrée avec DES. Pour chaque fichier, MedusaLocker génère 0x28 octets aléatoires qui initialisent le chiffrement Chacha20. Le ransomware utilise Windows Restart Manager pour identifier et terminer les processus qui détiennent des descripteurs de fichiers, garantissant un accès complet aux données.
Chiffrement partiel stratégique
Pour accélérer le processus, MedusaLocker chiffre les fichiers par segments de 0x2000 octets, laissant 0x2000 octets non chiffrés entre chaque bloc. Cette technique rend les fichiers totalement inutilisables tout en réduisant considérablement le temps nécessaire. La clé Chacha20 chiffrée (0x100 octets) est ajoutée à la fin du fichier pour permettre le déchiffrement ultérieur. Les fichiers reçoivent l'extension .danger17.
Destruction méthodique des sauvegardes
Avant le chiffrement, MedusaLocker exécute une série de commandes pour éliminer toute possibilité de récupération: vssadmin supprime les clichés instantanés, wbadmin efface les sauvegardes Windows, et bcdedit désactive la récupération système. L'EDR StreamScan détecte et bloque efficacement MedusaLocker grâce à son analyse comportementale.